Pendant un an, treize de mes dépôts publics n’avaient aucune licence. Quatre affichaient fièrement un badge MIT sans le fichier correspondant.
En droit, ça veut dire une chose précise : tous droits réservés. Personne ne pouvait légalement réutiliser une ligne de ce que je publiais. Le badge promettait le contraire, ce qui est pire que le silence — le lecteur croit qu’il peut, il ne peut pas.
Ce n’était pas un choix. C’était un oubli qui parlait à ma place depuis un an.
Deux choses, deux licences
En corrigeant, je suis tombé sur une question que je n’avais jamais formulée : est-ce que le code et l’univers, c’est pareil ?
Non. Et les traiter pareil, c’était l’erreur.
Le code — Recta qui génère les affiches de propagande, Terra-Incognita et ses cartes, Terminal-Synth, BANG !, Nemesis, Iris — est désormais sous MIT. Prenez-le, vendez ce que vous en faites, je m’en fiche complètement. Ce sont des outils. Un outil qu’on ne peut pas emporter n’est pas un outil, c’est une démonstration.
L’univers est sous CC BY-NC-SA 4.0. C’est-à-dire, en clair :
Écrivez dedans. Fanfictions, illustrations, musique, modules de jeu de rôle, suites, contradictions. Prenez Zoe et faites-lui faire ce que je n’ai pas osé. Réécrivez la chute de Mik-L. Inventez une huitième classe de conscience synthétique. Racontez la Nullification depuis le point de vue de ceux qui l’appliquent.
Je l’ai toujours voulu. Ce n’était écrit nulle part.
Ce que je garde, et pourquoi
Trois conditions, et je préfère expliquer la troisième que la maquiller.
Créditez — « univers Robōtariis, Olivier Bareau », avec un lien. C’est le minimum syndical de la politesse.
Partagez à l’identique — si vous adaptez, votre adaptation reste ouverte aux suivants. C’est ce qui fait la différence entre ouvrir une porte et la laisser se refermer derrière soi.
Pas d’usage commercial. Voilà celle qui mérite une explication.
Ce projet est gratuit. Il n’a ni Patreon, ni publicité, ni abonnement. Le seul argent qui rentre vient d’une boutique de t-shirts, et il ne couvre même pas l’électricité du serveur. Si j’ouvrais le commercial, quelqu’un pourrait imprimer les mêmes t-shirts demain, mieux référencé que moi, et je n’aurais plus rien du tout.
Ce n’est pas de la protection d’actif. C’est un radiateur qu’on ne veut pas éteindre.
Et cette clause se négocie : si vous voulez publier un livre, sortir un album, éditer un JDR dans cet univers — écrivez-moi. Je n’ai aucune raison de dire non, et beaucoup de raisons de dire oui.
La seule chose vraiment fermée
Le nom, le sigle, les palettes.
Vous pouvez raconter dans Robōtariis. Vous ne pouvez pas vous présenter comme étant Robōtariis. C’est la différence entre écrire un roman et ouvrir une maison d’édition qui usurpe le nom d’une autre. Personne n’a envie de ça, mais autant que ce soit écrit.
Pourquoi Creative Commons et pas MIT partout
J’ai hésité. La réponse tient en une phrase, et elle vient de Creative Commons elle-même : elle déconseille ses propres licences pour du logiciel. Elles ne traitent ni la distinction entre code source et binaire, ni les brevets, ni les clauses de garantie. Une CC sur du TypeScript, c’est un tournevis qui sert de marteau.
L’inverse est vrai aussi. Une MIT sur un récit ne dit rien de ce qui compte : l’attribution d’une œuvre, le droit d’adapter, la réciprocité.
Deux natures, deux outils. Ça paraît évident écrit comme ça. Ça ne l’était pas tant que je n’avais pas ouvert le fichier.
Le rapport avec le reste
Il y a quelques heures, j’écrivais un article sur l’écart entre ce que la doc affirme et ce que la machine fait. Des modèles morts appelés pendant seize jours, des alertes qui n’étaient jamais parties, une démo déclarée supprimée qui tournait toujours.
Les licences étaient le même problème, en plus grave — parce que là, ce n’est pas moi que la doc trompait. C’était vous.
Un dépôt public sans licence dit « tous droits réservés » à quelqu’un qui ne le lit pas. Un badge MIT sans fichier dit l’inverse de ce qui s’applique. Dans les deux cas, le silence a une signification juridique, et ce n’est jamais celle qu’on croit.
Alors c’est écrit, maintenant. La page complète, et le fichier LICENSE dans chaque dépôt.
Forkez.