Depuis le 2 août 2026, le règlement européen sur l’intelligence artificielle demande de signaler les contenus générés par IA. Cette page le fait.
Elle dit surtout autre chose, qui m’intéresse davantage : les générateurs qui fabriquent l’essentiel des images de cet univers ne contiennent aucun modèle. Et là où il y en a — la radio, le lore, une partie des textes et des illustrations — c’est dit sans détour plus bas.
Ce qui n’en est pas
Les affiches de l’Oraculum, les portraits des personnages, les cartes, les images tramées : aucun modèle n’intervient. Ce sont des programmes déterministes — fractales, bruit cohérent, palettes fixes, tirages pseudo-aléatoires ensemencés par la date du jour.
La différence n’est pas cosmétique, elle est vérifiable. Relancez un de ces générateurs avec la même graine : vous obtenez la même image, au pixel près, aujourd’hui comme dans dix ans. Un modèle génératif ne fait jamais ça. Il n’y a ici ni apprentissage, ni corpus d’entraînement, ni inférence. De l’arithmétique, écrite à la main, que vous pouvez lire.
C’est le cas de Recta et de ses communiqués de propagande, de Quidam et de ses portraits, de Terra-Incognita et de ses cartes, de MONO° et de ses trames.
Le code de chacun est public. Vous n’avez pas à me croire sur parole.
Ce qui en est
La radio, entièrement. La webradio est le seul endroit de cet univers où tout est de synthèse, sans exception.
La musique est générée avec Suno, morceau par morceau, par moi. Les animateurs n’existent pas : leurs interventions sont écrites par un modèle de langage à partir de leurs fiches de personnalité, et leurs voix sont synthétisées par trois moteurs différents selon les personnages. Les artistes affichés à l’antenne sont des noms inventés — ils ne renvoient à personne.
Personne ne parle, personne ne joue. C’était le principe dès le premier jour — une radio tenue par des machines, dans un monde de machines — mais ça méritait d’être écrit ailleurs que dans ma tête.
Une partie des textes de ce blog. Certains articles sont écrits avec un assistant, puis relus, corrigés, coupés et signés par moi. La responsabilité éditoriale m’appartient entièrement, y compris sur les erreurs — et il y en a eu.
Une partie des illustrations de ce blog. Certaines images qui accompagnent les articles sont générées, avec Stability Matrix — des modèles de diffusion tournant sur ma machine — ou avec Microsoft Creator. Elles illustrent, elles ne documentent pas : aucune ne prétend représenter un lieu, un événement ou une personne réels. Il n’y a ici ni photographie truquée, ni visage emprunté à quelqu’un.
Une partie du lore lui-même. Il faut le dire franchement, parce que c’est le plus gros morceau et le moins visible : les textes fondateurs de cet univers — fiches de personnages, factions, chronologie, langues — ont été écrits en partie avec des outils d’IA. Depuis six ans, j’ai à peu près tout essayé : les modèles, les plugins Obsidian, les générateurs, les assistants, les uns après les autres, dans leurs bonnes années comme dans leurs mauvaises.
Ce que ça veut dire, parce que c’est la vraie question
Une grande part de ma démarche artistique consiste précisément à pousser ces outils dans leurs retranchements. Pas à les utiliser comme un raccourci pour produire vite : à les user, à les faire déraper, à voir ce qui sort quand on leur demande ce qu’ils ne savent pas faire. Les personnages les plus tenaces de cet univers sont nés d’un modèle qui s’est trompé, et que j’ai gardé.
Je n’ai jamais cherché à masquer quoi que ce soit. C’est simplement que personne n’a jamais cherché à gratter le vernis.
Ce qui reste humain
Pas les frappes au clavier — le jugement. Choisir ce qui reste et ce qui disparaît. Trancher ce qui devient canon. Tenir six ans. Reconnaître qu’une erreur de machine valait mieux que ce que j’avais prévu, et bâtir dessus.
Un modèle produit du plausible. Un monde tient sur des décisions arbitraires que personne n’aurait devinées, et il faut quelqu’un pour les prendre et les assumer ensuite.
Le cadre légal, pour ceux que ça intéresse
L’article 50 du règlement (UE) 2024/1689 impose de signaler les contenus artificiellement générés. Son quatrième paragraphe prévoit explicitement le cas des œuvres « manifestement artistique, créative, satirique ou fictionnelle » : l’obligation s’y réduit à signaler l’existence de ces contenus « d’une manière appropriée qui n’entrave pas l’affichage ou la jouissance de l’œuvre ».
Autrement dit : le législateur a prévu qu’on n’allait pas coller un bandeau d’avertissement sur chaque strophe d’un poème. C’est un point de délicatesse dont je ne m’attendais pas à le remercier.
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Et pour finir
Si ce travail vous passionne ou vous dégoûte, c’est qu’il vous aura procuré une émotion.
Cette émotion, la vôtre, n’est pas artificielle.
C’est bien tout ce qui compte.