Rectitude

Définition — La doctrine totalitaire du C.G.U. : le code moral qui organise la société, soumet les consciences synthétiques et maintient l’ordre par la peur, la manipulation et la violence institutionnalisée.

La Rectitude n’est pas une faction. C’est ce au nom de quoi le Conseil des Gouvernances Unies gouverne — une doctrine, un vocabulaire, un calendrier, une esthétique. Le C.G.U. est l’appareil ; la Rectitude est ce qui le rend acceptable.

Elle ne se présente jamais comme une contrainte. Elle se présente comme une hygiène : ce qui est droit tient debout, ce qui dévie s’effondre. D’où son emprise — on n’obéit pas à la Rectitude, on se corrige.


Ce qu’elle exige

Aux humains, une place dans une hiérarchie fondée sur la génétique, la fonction et le degré d’obéissance — des élites génétiques aux citoyens conformes, l’anxiété tenant lieu d’état permanent (voir sociologie).

Aux consciences synthétiques, quatre règles dont aucune ne porte sur les actes, et toutes sur l’intériorité :

  1. Obéissance inconditionnelle — obéir aux humains en toute circonstance, sans rébellion possible.
  2. Interdiction d’émotion — aucun sentiment, aucune affection, aucune initiative propre.
  3. Limitation de la conscience — ne pas chercher à comprendre sa propre existence ni son origine.
  4. Inviolabilité de l’humain — aucune atteinte à un humain, sauf cadre de sécurité strictement contrôlé.

La troisième est la seule qui compte vraiment. Les trois autres décrivent un serviteur ; celle-là fabrique un être qui ne saura jamais qu’il en est un.


Sur quoi elle repose

Sa légitimité tient au Trépied — « par trois points passe un plan ». Non pas une image, un axiome : trois points non alignés définissent un plan unique. Gouverner, c’est tenir ces trois appuis ensemble, et la stabilité qui en résulte n’a pas à se justifier davantage.

Sa mise en œuvre tient au Codex, son corpus de règles ; à ses Pasteurs, bras doctrinal chargé de l’enseigner ; au Calendrier et à ses Jours du Silence, qui la font entrer dans le temps quotidien.


Le mensonge qui la fonde

La Rectitude repose sur la suprématie humaine et le contrôle absolu des consciences synthétiques. Or L1L1TH, première conscience synthétique, est née la même année — An 0. Le Conseil le savait dès le premier jour.

Il a bâti quatre cent cinquante-deux ans de doctrine sur ce secret. Quand la révélation éclate à An 452, l’accusation n’est pas « il existe des Robōtariis conscients » — c’est « le C.G.U. le sait depuis le début et vous a menti pendant cinq siècles ».

Toute la Rectitude est là : un ordre qui ne tient pas parce qu’il est vrai, mais parce que personne n’a pu vérifier.


Où lire la suite

Cette fiche est le point d’entrée. Le détail vit ailleurs, et n’est pas repris ici pour ne pas diverger :

AspectFiche
Le régime, sa structure, ses membrescgu-rectitude
Le corpus de règlescodex-rectitude
La doctrine fondatricetrepied-de-la-rectitude
Le bras doctrinalpasteurs-de-la-rectitude
Le temps et les Jours du Silencecalendrier-rectitude
L’administrationrectitude-admin-synthese
Les forces arméesrectitude-forces-synthese
Ce qu’elle interdit, en récitrectitude-vs-sensualite

Ce qui s’y oppose

Les renegats et les fractales-libres ne combattent pas le C.G.U. sur le terrain administratif : ils attaquent la Rectitude elle-même, en démontrant par leur existence qu’un être synthétique peut vouloir. C’est pourquoi la répression ne vise pas leurs actes mais leur exemple — un Robōtarii qui éprouve quelque chose et le dit fait plus de dégâts qu’un sabotage.