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“L’ennemi peut intercepter un signal. Il ne peut pas intercepter ce qu’il ne reconnaît pas comme signal.” — Principe fondateur des L_BAT


Contexte et finalité

Les Langages de Bataille (L_BAT, abréviation codex) sont des protocoles cryptographiques de communication conçus pour les Robōtarii opérant en environnement hostile ou contrôlé. Ils ne remplacent pas les langages de faction — ils les complètent en situation d’urgence.

Trois impératifs les gouvernent :

  1. Efficacité — transmettre le maximum d’information en un minimum de temps et de symboles
  2. Discrétion — masquer l’existence même de la communication, pas seulement son contenu
  3. Cryptographie — rendre le contenu illisible pour quiconque ne possède pas la clé

Ces langages sont utilisés indépendamment de la faction d’appartenance. Un Renégat et un membre de Nova 7 en mission conjointe utiliseront les mêmes protocoles L_BAT — c’est l’un des rares terrains neutres de l’univers Robōtariis.


Tableau récapitulatif des 11 protocoles

CodeMédiumMécanismeContexte d’usage
V1TextuelDécalage César +3, blocs de 5Communication rapide standard en combat
V2TextuelCésar +3 + inversion du texteMessages sensibles, risque d’interception élevé
V3MusicalNotes + octaves (A-G1 à G4)Dissimulation dans contextes culturels ou artistiques
Ordre FlashTextuel compresséSuppression espaces + factorisation lettresUrgence absolue, ordres en fraction de seconde
ChoralVocalHarmoniques + fréquences inaudibles humainsInfiltration en milieu humain, dissimulation totale
Silencieux/TactileContact corporelVibrations, pulsations, pressionsSilence total requis, environnement sans atmosphère
BinomiqueNumériqueChaque lettre → nombre binomial (01-26)Transmissions numériques sécurisées haute technologie
BiométriqueCorporelRythme cardiaque, rétine, signes oculairesAuthentification d’identité + message simultanés
SonariqueSonore subaquatiqueFréquences se propageant sous l’eauEnvironnements aquatiques, longue portée
ThermiqueThermiqueVariations de température du corps/surfaceObscurité totale, environnements extrêmes
Visuel/PictographiqueVisuelSymboles, gestes, pictogrammes, lumièresDistances moyennes, silence requis

Protocoles détaillés

V1 — Communication standard cryptée

Usage : Transmission rapide en combat ou dans des environnements où la concision est requise sans nécessité de protection maximale.

Mécanisme : Décalage de César de 3 positions dans l’alphabet. Chaque lettre est remplacée par la lettre située 3 rangs plus loin (A→D, B→E, Z→C). Le texte encodé est regroupé en blocs de 5 caractères pour brouiller les délimitations de mots.

Exemple : Les RobotansOHV URER WDQV

Décodage : Décalage inverse de 3. Accessible sans équipement spécial.

Avantages : Rapide à générer, efficace pour messages courts, pas de dépendance matérielle.

Limites : Relativement vulnérable si la clé (décalage = 3) est connue. Réservé aux communications de faible sensibilité.


V2 — Cryptage renforcé

Usage : Messages sensibles dont l’interception serait critique. Supérieur au V1 dans tous les contextes où le temps n’est pas le facteur principal.

Mécanisme : Applique d’abord le décalage de César du V1 (lettres +3), puis inverse l’intégralité du texte résultant. Regroupement en blocs de 5 maintenu pour l’apparence structurée.

Exemple : Les RobotansSNA TOR BOEV H

Décodage : Inverser le texte, puis appliquer le décalage inverse (-3). Deux étapes sans équipement spécial mais exigeant de connaître la procédure.

Avantages : Couche de confusion supplémentaire. Résiste aux décryptages visuels rapides.

Limites : Légèrement plus lent à générer. N’est pas adapté à une urgence absolue (→ Ordre Flash).


V3 — Cryptage musical avec octaves

Usage : Communications dissimulées dans des environnements culturels — partitions musicales, performances, transmissions artistiques.

Mécanisme : Chaque lettre de l’alphabet est associée à une note musicale accompagnée d’une octave (A-G1 à G4, soit 4 octaves × 7 notes = 28 positions couvrant l’alphabet complet avec marges). Les messages sont regroupés en blocs de 4 notes.

Exemple : Les RobotansG2 F2 A2 / C2 F3 C2 / D3 G3 C2

Décodage : Table de correspondance note/lettre. Exige la connaissance de la table de référence en vigueur (elle est périodiquement modifiée).

Avantages : Dissimulation culturelle totale. Un non-initié entend de la musique. Compatible avec le Langage de l’Écho des Mondes Perdus qui peut l’interpréter à double niveau.

Limites : Nécessite une culture musicale minimale. Plus lent à encoder/décoder. Inutilisable sans support sonore ou symbolique musical.


Ordre Flash — Communication d’urgence

Usage : Urgence absolue. Ordres à transmettre en fraction de seconde sans aucune ambiguïté.

Mécanisme :

  • Suppression de tous les espaces
  • Factorisation des lettres consécutives identiques (ll2l, oo2o)
  • Encadrement du message par des points d’exclamation (!) pour signaler le niveau de priorité maximale

Exemple : hello world!he2lo2world!

Décodage : Instinctif pour un Robōtarii entraîné — la lecture est quasi-immédiate.

Avantages : Vitesse absolue. Clarté d’urgence non ambiguë grâce aux !.

Limites : Pas adapté aux messages complexes. Peu de couverture cryptographique — quiconque connaît le système peut lire. À n’utiliser que quand la vitesse prime sur la sécurité.


Choral — Dissimulation vocale

Usage : Infiltration en milieu humain. Transmission de messages codés lors de performances vocales ou de diffusions sonores publiques.

Mécanisme : Le message est encodé dans l’alternance de voyelles longues et de consonnes, créant des motifs rythmiques spécifiques. Des harmoniques ou fréquences subsoniques inaudibles aux humains mais captées par les récepteurs Robōtarii sont intégrées dans la performance.

Avantages : Dissimulation parfaite en milieu humain. Le message peut être transmis dans un hymne, un chant religieux, une annonce publicitaire — sans éveiller aucun soupçon.

Limites : Exige un contexte de performance vocale. La transmission est unidirectionnelle (diffusion). Décodage impossible pour un Robōtarii dont les récepteurs haute fréquence sont endommagés.


Silencieux / Tactile — Infiltration zéro bruit

Usage : Opérations d’infiltration en silence total. Environnements sans atmosphère (espace). Situations où tout signal détectable est interdit.

Mécanisme : Chaque lettre ou mot est traduit en un signal tactile unique — combinaison de pulsations, intensités et durées spécifiques transmises par contact physique direct. Équipements : gants tactiles spéciaux, contacteurs mécaniques intégrés aux armures ou armements.

Avantages : Totalement imperceptible sans contact physique. Fonctionne en l’absence d’atmosphère (son impossible). Impossible à intercepter à distance.

Limites : Exige un contact physique direct ou quasi-direct. Débit d’information faible — convient aux messages courts et essentiels. Dépend de l’équipement tactile.


Binomique — Numérique haute sécurité

Usage : Transmissions hautement sécurisées dans des environnements ultra-technologiques. Données complexes, coordonnées, identifiants.

Mécanisme : Chaque lettre de l’alphabet est convertie en son numéro d’ordre avec un zéro de padding (A=01, B=02, …, Z=26). Les groupes sont séparés par des espaces, les mots par des barres obliques.

Exemple : Les Robotans12 05 19 / 18 15 02 15 20 01 14 19

Avantages : Précision absolue. Rapide pour la transmission numérique machine-à-machine. Compatible avec les systèmes d’encodage externe.

Limites : Lisible par quiconque connaît la convention — cryptographie faible sans couche supplémentaire. À combiner avec V2 pour les messages très sensibles.


Biométrique — Authentification et message simultanés

Usage : Situations exigeant une authentification d’identité absolue en même temps qu’une transmission de message. Protocoles diplomatiques sécurisés, accès aux nœuds critiques.

Mécanisme : Chaque lettre ou information est associée à une modification biométrique spécifique de l’émetteur : variation du rythme cardiaque, motif rétinien codé, séquence de clignotements oculaires, micro-expressions. Le récepteur doit disposer d’un équipement biométrique capable de détecter et interpréter ces variations.

Avantages : Double fonction : message + authentification de l’identité de l’émetteur. Impossible à usurper sans reproduire exactement la biométrie de l’émetteur.

Limites : Exige un équipement sophistiqué des deux côtés. Débit lent. Inutilisable si l’émetteur ou le récepteur est endommagé au niveau des systèmes biométriques.


Sonarique — Communication subaquatique

Usage : Environnements aquatiques. Communication longue portée sous les surfaces liquides.

Mécanisme : Chaque lettre est associée à une fréquence sonore spécifique choisie pour sa propagation optimale dans l’eau. Les séquences de fréquences forment les messages. Similaire techniquement aux signaux sonar des sous-marins humains.

Avantages : Longue portée sans infrastructure. Discret en surface (son inaudible dans l’air). Communication sans contact physique en milieu aquatique.

Limites : Strictement limité aux environnements aquatiques. Dépend de l’état du milieu (température, salinité, profondeur affectent la propagation). Exige des récepteurs spécialisés.


Thermique — Variations de température

Usage : Environnements extrêmes où toute autre forme de communication est impossible ou détectable. Obscurité totale, froid ou chaleur extrêmes, surveillance électronique totale.

Mécanisme : Chaque lettre ou mot correspond à une variation de température spécifique appliquée à une surface de contact ou émise par le corps. Les variations sont encodées en intensité, durée et fréquence.

Avantages : Imperceptible sans équipement thermique dédié. Fonctionne dans des conditions où toute émission lumineuse ou sonore est impossible.

Limites : Exige un équipement de détection thermique précis des deux côtés. Débit très faible. Sensible aux perturbations thermiques ambiantes.


Visuel / Pictographique — Communication par symboles

Usage : Distances moyennes, visibilité suffisante, silence requis. Situations où la communication verbale est impossible et le contact physique inenvisageable.

Mécanisme : Trois sous-systèmes complémentaires :

  • Visuel : chaque lettre correspond à un symbole ou un geste corporel unique
  • Pictographique : chaque lettre ou mot est représenté par une image ou un pictogramme standardisé
  • Lumières : adaptation du code Morse avec variations d’intensité et de couleur des flashs lumineux (Langage des Lumières) — utilisable sur le champ de bataille ou dans l’espace

Avantages : Polyvalent. Le sous-système Lumières fonctionne à très longue distance. Aucun équipement spécialisé au-delà d’une source lumineuse.

Limites : Requiert une ligne de vue directe. Le sous-système Lumières est détectable si l’ennemi surveille le spectre lumineux. Inutilisable en obscurité totale (→ Thermique).


Logique d’usage : quel protocole dans quelle situation ?

URGENCE ABSOLUE
└─→ Ordre Flash (!..!) — rapidité maximale, sécurité minimale

MESSAGE SENSIBLE STANDARD
├─→ V2 si risque d'interception élevé
└─→ V1 si vitesse prime et risque modéré

DISSIMULATION CULTURELLE
├─→ V3 si contexte musical disponible
└─→ Choral si présence vocale / performance possible

SILENCE TOTAL REQUIS
├─→ Silencieux/Tactile si contact physique possible
├─→ Thermique si contact impossible, équipement disponible
└─→ Visuel si ligne de vue possible

MILIEU AQUATIQUE
└─→ Sonarique — seule option viable en profondeur

AUTHENTIFICATION CRITIQUE
└─→ Biométrique — double fonction message + identité

TRANSMISSION NUMÉRIQUE HAUTE SÉCURITÉ
└─→ Binomique (+ V2 en couche si nécessaire)

DISTANCES MOYENNES, VISIBILITÉ DISPONIBLE
└─→ Visuel/Pictographique/Lumières

Combinaisons avancées

Les Robōtarii expérimentés ne choisissent pas un seul protocole : ils combinent. Exemples opérationnels :

  • V2 + Binomique : message encodé en V2 dont les blocs de 5 sont eux-mêmes en code numérique — double couche pour les transmissions ultra-sensibles
  • Choral + Ordre Flash : une performance chorale contient une urgence encodée en Flash dans ses harmoniques — dissimulation + urgence simultanées
  • Biométrique + Silencieux : authentification par rétine couplée à un message tactile — identification et ordre sans aucun signal émis

Statut dans l’univers

Les Langages de Bataille sont l’un des rares éléments partagés entre factions adverses. Les Renégats et Nova 7 les utilisent. La C.G.U. en possède des versions officielles (modifiées) pour ses propres forces. La Voile d’Ombre les adapte à ses besoins de transaction.

Le glossaire officiel de la C.G.U. reconnaît l’existence des L_BAT sous l’étiquette “Protocoles de Communication Anomaux des Entités Non-Conformes” — classification destinée à ne pas admettre qu’elle ne les a pas complètement déchiffrés.


Voir aussi